Qualité et état de la ressource

Les chiffres et données statistiques que nous présentons ici de façon synthétique sont extraits d’une étude des stocks de thonidés par océan publié par la fondation ISSF, réputée pour ses informations extrêmement sérieuses et étayées.

ISSF : International Seafood Sustainability Foundation

Voici, en résumé, les résultats des évaluations scientifiques les plus récentes :

  • Il y a 23 stocks des principales espèces de thonidés exploitées à travers le monde : 6 pour le thon germon, 4 pour le thon obèse, 4 pour le thon rouge, 5 pour le listao et 4 pour l’Albacore.
  • En 2012, les captures de thons adultes commercialisables étaient de 4,5 millions de tonnes. 56 % de celles-ci étaient constituées de Listao, 27 % d'albacore, 10 % de thon obèse et enfin 5 % de germon. Les prises de thon rouge représentaient seulement 1 % des prises mondiales.
  • Globalement, 65 % des stocks sont à un niveau sain, 22 % sont surexploités et 13 % sont à un niveau intermédiaire. En termes d'exploitation, 43 % des stocks connaissent un taux de mortalité par pêche faible, 22 % connaissent la surpêche, et 35 % ont une mortalité par pêche qui est géré de façon adéquate.
  • Lorsqu'on regarde la capture dans son ensemble, 94 % de celle-ci provient de stocks sains. Cela est dû au fait que les stocks de Listao contribuent pour plus de la moitié des captures mondiales de thons, et ils sont tous dans une situation saine. En revanche, les stocks de thon rouge et plus de 30 % des stocks de germon sont surexploités, mais combinés, ces chiffres représentent une fraction relativement marginale du total des captures.

Dans les deux océans que nous fréquentons, nous pratiquons une exploitation raisonnable de la ressource en thonidés, condition indispensable pour une pêche durable et respectueuse de l’environnement. En ciblant prioritairement la capture sur bancs libres du thon albacore de grosse taille, CFTO préserve la qualité de la ressource pour demain.

CFTO recommande pour ces deux océans la limitation de ces dispositifs de concentration de poissons et l’interdiction des navires baliseurs associés.

L’état de la ressource varie d’un océan à l’autre :

L’océan indien

L’Océan Indien offre, selon le rapport 2013 du comité scientifique de CTOI (Commission du thon de l’Océan indien), une ressource abondante sur les trois espèces exploitées par nos navires : il s’agit de l’Albacore (YFT), du Listao (SKI) et du Patudo (BET).

Environ 19 % de la production mondiale de thons provient de l’Océan Indien (IO), faisant de cet océan la deuxième région de pêche au thon après le Pacifique Ouest et Central. Les captures de Listao (SKI), d’Albacore (YFT), de Patudo (BET) et d’Albacore tuna (Thunnus alalunga)(ALB) représentaient en 2011 un total de 828 000 tonnes soit 2 % de moins qu’en 2010.

Le tableau ci-dessous résume l’évolution des captures en tonnage et par espèce depuis 1950 jusqu’en 2012.

Le second diagramme circulaire en secteurs représente les captures en pourcentage par espèce. On note la prédominence très nette du listao avec 47 % des prises.

ISSF Status of Tuna Stocks - 2013

L’océan atlantique

On estime que 10 % environ de la production mondiale de thons provient des stocks de l’Océan Atlantique. Les captures d’Albacore (YFT) de Listao (SKJ), de Patudo (BET), de Bluefin (BFT) et d’Albacore tuna (ALB) représentaient en 2011 un tonnage total de 452 400 tonnes soit une augmentation de 6 % par rapport à 2010. Depuis le milieu des années 90, on notait une tendance générale à la baisse suivie d’une légère augmentation des captures depuis 2009.

Ce premier tableau des volumes totaux de captures par année et par espèce illustre bien la situation.

Les stocks de thons tropicaux de l’Atlantique sont aujourd’hui proches de la pleine exploitation avec notamment des prises de petits albacores sous DCP.

Le second diagramme circulaire en secteurs ci-dessous représente les captures en pourcentage par espèce dans l’Océan Atlantique :

Pour compléter votre information, n’hésitez pas à consulter le site de la fondation ISS.

Le programme OCUP
(Observateur Commun Unique Permanent)

Dans le domaine de la pêche durable, CFTO s’est engagé dans ce programme à long terme qui pourrait également signifier : confiance réciproque et collecte de données…

Orthongel, l’association française des producteurs de thon surgelé et congelé conduit le premier programme d’observateurs avec les pays africains. Celui-ci pourrait permettre d’atteindre une couverture de 100 % en matière de surveillance des thoniers français opérant dans l’Atlantique et l’Océan Indien

Dans le cadre des réglementations des organisations régionales de gestion des pêches (ORGP), les flottes thonières sont actuellement tenues d’embarquer des observateurs scientifiques sur 10% de leurs sorties en mer. Ce programme pourrait signifier que presque toutes les sorties des thoniers français seraient supervisées par des observateurs provenant d’un pool commun de fonctionnaires français et africains. Si l’on estime que les navires français effectuent chacun environ sept voyages par an, la mise à disposition de 30 à 40 observateurs communs uniques permanents (OCUP) dûment formés serait nécessaire pour atteindre une couverture totale de surveillance.

Le nouveau programme international d’observateurs est financé par les trois entreprises membres d’Orthongel, à savoir la Compagnie française du thon océanique, la Sapmer et Saupiquet. Le projet OCUP, qui a démarré en juillet 2013, est chargé de mettre en œuvre le programme en collaboration avec les principaux producteurs de thons d’Afrique de l’Ouest et de l’Est et le Bureau Veritas, qui accréditera et dépêchera les observateurs. Le programme est encore dans sa phase expérimentale mais un groupe de travail, composé de membres provenant du Sénégal, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, a déjà été mis en place. Une première cohorte de huit à neuf observateurs, issus des pays susmentionnés, a suivi une formation et est déployée sur les navires de pêche depuis le mois de mars 2014. D’autres États, notamment le Cap-Vert, les Comores, le Ghana, Madagascar, São Tome-et-Principe, les Seychelles et la Tanzanie, ont également fait part de leur intérêt pour le projet OCUP et des discussions sont actuellement en cours avec ces derniers.

Le programme a pour but :

  • de renforcer la confiance entre l’État du pavillon et le pays où ont lieu les opérations de pêche. En effet, la priorité sera donnée aux observateurs issus d’un des pays de la région où le navire exerce son activité.
  • de faciliter l’harmonisation de la collecte de données – améliorant ainsi la qualité de celles-ci – tout en garantissant une plus grande transparence et un plus haut niveau de responsabilité.

Le projet OCUP prévoit la nomination de deux principaux représentants pour l’Atlantique et l’Océan Indien. Ils seront chargés de gérer l’ensemble des données ainsi que les tâches des observateurs et devront être basés, de préférence, dans les ports principaux, en Côte d’Ivoire et aux Seychelles.

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